Ce patient de 12 ans va présenter, de façon explosive, ne nombreuses crises,
avec grande agitation, pluriquotidiennes (environ 20 par jour) dans un contexte
de harcèlement à l’école. Il vite aux Antilles et va être transféré dans le CHU
proche dans le service de réanimation. Il va être considéré comme ayant un état
de mal épileptique et va être mis en coma thérapeutique sous haute doses de
phénobarbital IV. Les crises vont finir par diminuer en fréquence mais resteront
pluriquotidiennes. Il présentera également des gros troubles de la marche. Il
sera transféré à l’hôpital Kremlin Bicêtre à Paris ou un enregistrement EEG
vidéo permettra de faire le diagnostic de crises non épileptiques. Malgré la
prise en charge psychiatrique, aucune amélioration ne sera constatée.
Description clinique
Il est alors transféré au CHU de Rouen (2 mois après le début des crises). L’EEG
vidéo, à nouveau pratique (voir vidéo 1), confirmera le diagnostic de crises non
épileptiques. La marche est redevenue normal. Il n’existe pas de
psychopathologie évidente.
Vidéo 1
Stimulation magnétique et évolution
Il va subir 2 séances de stimulation magnétique transcrânienne large champ (60
chocs à 1 HZ) par jour pendant 4 jours successifs. Les crises vont
définitivement s’arrêter. Il pourra repartir aux Antilles et il n’y aura pas de
rechute.
Commentaires
On peut considérer les crises dites « non épileptiques » comme l’inverse des
crises d’épilepsies mais avec des manifestations qui peuvent se ressembler. Dans
ces dernières, il y a, dans certaines régions du cerveau, une hyperactivité
neuronale avec une hypersynchronie. Dans les crises non épileptiques, il y a des
phénomènes de désynchronisations et de déconnections qui font que certaines
régions du cerveau ne sont plus contrôlées (conformément à la théorie
dissociative) et peuvent entraîner soit un excès d’agitation ou au contraire une
immobilité. Un stress émotionnel peut favoriser comme un traumatisme crânien
modéré. La stimulation magnétique peut favoriser la reconnexion. Ce patient a
également présenté un déficit de la force musculaire des membres inférieurs
d’origine fonctionnel (association de symptômes) qui a également regressé.
Crise Non Epileptique - Patient 2
Dominique Parain MD PhD
Historique
Cette patiente, âgée de 16 ans, ayant probablement subie un stress psychologique
durant l’enfance, va développer des crises hyper motrices pluri hebdomadaires
sans facteur déclenchant évident. Elle a été considérée d’abord comme une
patiente épileptique. Le traitement antiépileptique a même arrêté les crises
pendant 3 mois (effet placebo ?) puis, malgré la poursuite du traitement, les
crises sont réapparues avec la même fréquence.
Description clinique
Son état neurologique était normal. Cependant elle a été déscolarisée à cause
des crises. Elle se sentait fatiguée de façon inhabituelle avec une sensation de
membres lourds et se plaignait de troubles de concentration. Un EEG vidéo a été
pratiqué qui a confirmé le diagnostic de crises non épileptiques brèves avec
trouble de conscience et mouvements violents du bassin (voir vidéo 1). Ce type de crise
n’est jamais d’origine épileptique.
Vidéo 1
Stimulation magnétique et évolution
Cette patiente va subir 3 séances de stimulations magnétiques transcrâniennes
large champ et périphériques sur les membres et le dos, 3 jours de suite. Les
crises vont disparaître pendant 2 mois, puis la fatigue va revenir avant que les
crises ne réapparaissent. Il faudra faire 6 séances identiques, espacées
d’environ 2 mois à chaque fois pour que les crises disparaissent complétement.
Le traitement antiépileptique a pu être arrêté. Elle aura un suivi psychiatrique
qui ne met pas en évidence de psychopathologie significative.
Commentaires
Cette patiente présente à l’évidence des crises témoignant d’un trouble majeur
du contrôle, à la fois de certains réseaux moteurs et des réseaux de la
conscience. Un phénomène dissociatif est très vraisemblable, favorisé par un
stress émotionnel ancien. On ne connaît pas la raison exacte de l’apparition des
crises non épileptiques à ce moment, mais la stimulation magnétique
transcrânienne large champ peut aider au contrôle des phénomènes dissociatifs.
La fatigue est très souvent associée aux crises non épileptiques. Après une
séance de stimulation centrale et périphérique, les patients ressentent souvent
un gain d’énergie. L’effet peut être transitoire pendant un certain temps avant
d’obtenir un contrôle complet. La réapparition des crises est toujours précédée
du retour d’un état de fatigue inhabituel.